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Affichage des articles du avril, 2009

Cheick Oumar Kanté : « Je suis un écrivain humain plutôt que guinéen »

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Du 13 au 15 mars à LuxExpo au Kirchberg, le Salon du livre et des cultures organisé par le CLAE accueille 70 écrivains. Parmi eux, Cheick Oumar Kanté, l’une des voix de la littérature africaine de l’exil.

Né en Guinée en 1948, Cheick Oumar Kanté suit le chemin de l’exil vingt-deux ans plus tard, comme beaucoup de ses compatriotes. Etudiant en philosophie et linguistique, il décide de partir pour tout simplement pouvoir suivre des études normales, loin d’un gouvernement - celui du dictateur communiste Sékou Touré - qui voulait supprimer du cursus universitaire les lettres modernes, jugées « contre révolutionnaire ». Quarante et un ans plus tard, l’homme est toujours profondément marqué par cet exil, dans son âme, dans ses écrits. « Pas une seule personne ne se coupe de son pays volontairement. Dès l’instant où je l’ai quitté, j’ai voulu y retourner. Mon premier livre, je l’ai écrit pour expliquer à mes parents pourquoi je suis parti, car pour les protéger, je ne leur avais rien dit. Au…

Les partis politiques se prononcent sur les droits des étrangers

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C’est désormais devenu une tradition que le CLAE prenne connaissance, à la veille des élections législatives, des positions des partis politiques sur des thèmes qui concernent aujourd’hui près de la moitié des citoyens luxembourgeois : les résidents de nationalité étrangère.
Certes, cette législature a vu bon nombre d’avancées, le plus souvent positives, en liens avec les droits des citoyens d’origines étrangère. Une nouvelle loi relative à la libre circulation des personnes et l’immigration a vu le jour, qui réglemente notamment le regroupement familial, ce que le CLAE demande depuis des années. Dans la foulée, une nouvelle loi sur l’accueil et l’intégration a été votée. Nous ne pouvons que regretter qu’elle ne fût pas accompagnée d’une réforme en profondeur de la loi électorale permettant à tous les résidents d’accéder sans restrictions à la participation politique.
Si l’une de ces avancées doit rester dans les esprits, c’est bien entendu le vote, difficile, par la Chambre des députés…

Je suis un privilégié : je me suis battu pour mes idéaux et j’ai assisté au succès de mon combat

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Né à Lagoa do Furadouro (Portugal) en 1935, LuandinoVieira a grandi et fait ses études à Luanda. Militant du MPLA, mouvement de libération nationale angolais, il fut emprisonné par la PIDE et condamné à 14 ans de prison. Il passa huit années au camp de concentration de Tarrafal (Cap-Vert), où il écrivit la plupart de ses œuvres. Membre fondateur de l'Union des EcrivainsAngolais, il en fut secrétaire général jusqu'en 1992.


Je suis un privilégié : je me suis battu pour mes idéaux et j’ai assisté au succès de mon combat

LuandinoVieira fait partie des personnes qui ont vraiment choisi quelle nationalité voir affichée sur leur passeport. Angolais né au Portugal, LuandinoVieira est considéré comme une des voix le plus expressives de la littérature en portugais. Dans son roman Nous autres, de Makulusu, il affirme « Bilingues presque nous sommes ». Dans sa réponse à la question « Écrivez-vous dans la langue de Camões ? », il rappelle une situation qui pour de nombreuses personnes résid…

Najat El Hachmi : Écrivaine catalane « malgré vos origines » ?

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Née à Nador (Maroc) en 1979, Najat El Hachmi est arrivée en Espagne à l’âge de huit ans. Elle a publié Jo també sóc catalana (Moi aussi je suis catalane). Son roman L’últim patriarca (Le dernier patriarche) a remporté le prix Ramon Llull en 2008.

Écrivaine catalane « malgré vos origines » ?

Comme tous les écrivains, j’observe la réalité qui m’entoure. À travers l’écriture, j’essaye d’appréhender le monde et de me protéger de ce qui me blesse, me déplaît ou m’indigne. J’ai grandi dans un lieu autre que celui de ma naissance. Je trouve un avantage d’avoir été spectatrice de réalités sociales, culturelles et religieuses différentes. On dirait que ceux qui accordent plus d’importance à mon origine qu’à mon écriture dévalorisent mon travail, ou du moins ne le considèrent pas au même niveau de celui des autres écrivains. Parfois on sent du paternalisme, du mépris, mais souvent de l’admiration. Je suppose que c’est parce qu’on imagine qu’être née à Nador représente un handicap au départ… Heure…

Mieux vivre le présent pour mieux bâtir l’avenir

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C’est dans le centre d’hébergement du Müllerthal, région idyllique mieux connue sous le nom de la « petite Suisse luxembourgeoise », que réside une centaine de demandeurs de protection internationale.
D’origines diverses (Kosovo, Togo, Rwanda, Côte d’Ivoire, Bosnie, Serbie, ex-URSS…), ces personnes (106, selon les dernières informations) vivent dans une aile du Grand Hôtel des Cascades et partagent pour la grande majorité un statut juridique commun : le statut de tolérance. Il s’agit d’un statut spécifique qui est accordé aux demandeurs déboutés dans l’hypothèse où les conditions au pays d’origine ne permettent pas de retour. Les personnes concernées par ce statut ont la possibilité de travailler temporairement pendant la procédure. Mais cela n’empêche pas qu’elles vivent en marge de la société dans une situation où les perspectives d’avenir sont très incertaines. Elles doivent renouveler leur statut tous les six mois. Même si elles ont le droit de s’inscrire à l’ADEM, la priorité, lor…

Discours d’ouverture du XXVIème Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté

Madame la Ministre,
Monsieur le Bourgmestre
Mesdames, Messieurs,

Au nom du Comité de Liaison des Associations d’Etrangers, je déclare ouvert le 26e Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté, Festival que nous plaçons, une année de plus, sous l’égide de la citoyenneté de résidence et du droit du sol, mais aussi et surtout sous celle d’une communauté de destins.
Nous saluons tous les participants et nous tenons à remercier les autorités présentes, ainsi que tous nos autres invités, qui nous honorent aujourd’hui de leur présence.
Nous inaugurons aujourd’hui ensemble la 26e édition du Festival. Il est inutile, je pense, de vous rappeler quel a été, quel est et quel sera le rôle de ce Festival comme grande fête de la convivialité interculturelle au Luxembourg, mais aussi comme expression des souhaits de participation, tant au niveau politique, sociale que culturelle des personnes venues en émigration au Luxembourg. Je crois aussi inutile de vous rappeler la place que ce Festiva…

Les Belles étrangères

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Une part du Luxembourg

Les rencontres littéraires exceptionnelles de cette 9ème édition du Salon du livre et des cultures au Luxembourg, les invité-e-s qui viennent de plusieurs pays, les éditeurs de la Grande Région, plus nombreux que les années passées, les acteurs associatifs, plus engagés, soulignent chacun que le mouvement de communication est ininterrompu entre le Luxembourg, les cultures présentes au Grand Duché et le reste du monde. La distance historique, géographique et culturelle entre nations s’estompe. Les cultures des pays tiers, vivantes depuis des décennies au cœur de la population du Luxembourg, montrent au Salon du livre qu’elles ne sont plus de belles étrangères : elles représentent aussi une part du Luxembourg, elles sont devenues luxembourgeoises.

RJP

Une communauté de destins

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La lingua franca d’une nouvelle culture luxembourgeoise

De la migration à la citoyenneté, des droits politiques, syndicaux aux droits de tous les citoyens du pays, le festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté, depuis presque trente ans, témoigne de la vie des personnes venues en émigration au Grand-Duché. L’immigration n’étant pas un devenir, de nombreuses associations issues de la migration se sont créées. Avec d’autres, sensibles au brouhaha des cultures, attentives à la définition d’une identité ribambelle, elles définissent le Luxembourg monde ou plutôt le monde du Luxembourg. Depuis, une communauté de destins, héritage de toutes les migrations anciennes et modernes, se dessine dans ce pays. Elle s’inscrit dans notre manifestation : depuis sa création, notre festival dit la nécessité d’être du Luxembourg et la contingence de la relation avec le pays d’origine.
Le Luxembourg serait multiculturel, pluriel : quel pays, quelle culture, quelle civilisation ne l’est pas ?…