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18 juillet 2016

Résolution de l'AG ordinaire du CLAE 2016


Réunies en Assemblée Générale le 28 juin 2016, les associations membres du Clae ont adopté la résolution suivante :
  • L’Assemblée générale du Clae est préoccupée par la crise actuelle de l’Union européenne : le récent referendum qui conduira le Royaume-Uni à la quitter, la montée en force dans tous les pays européens des partis politiques populistes qui souhaitent la démanteler, les atteintes continuelles à la libre circulation des personnes, le manque de solidarité entre les Etats membres, la résurgence des égoïsmes nationaux sont autant d’indicateurs d’une crise d’identité et du manque de perspectives de l’Union Européenne. L’AG du Clae appelle le Luxembourg, membre fondateur de l’Union, à mettre au centre de son action politique la relance de l’idéal européen, fondé sur la solidarité entre les états membres et sur la vision d’une Europe fédérale qui puisse parler et agir d’une seule voix.
  • L’Assemblée générale du Clae est également préoccupée par ce que l’on définit communément de       « crise migratoire ». L’immobilisme de l’UE dans cette catastrophe humanitaire est le symptôme d’une Europe qui se réfugie derrière ses égoïsmes et laisse le champ libre aux populistes de tout bord. Une Europe qui construit des barrières aux frontières, qui délègue l’accueil des demandeurs d’asile fuyant les guerres et le terrorisme à des pays hors des frontières de l’UE faisant parfois peu de cas des droits de l’homme. Une Europe qui laisse mourir en méditerranée des milliers de personnes chassées de leurs pays d’origines par la pauvreté, la famine, les changements climatiques, la terreur. L’AG invite l’Union européenne et les pays membres à prendre leurs responsabilités dans l’accueil des migrants et refugiés et dans la recherche de solutions politiques, sociales et économiques qui permettent à ces personnes de rester dans leurs pays d’origine.
  • La Chambre des députés examinera bientôt le projet de loi sur la nationalité. L’Assemblée générale considère que ce projet de loi, qui ancre le droit du sol dans la législation luxembourgeoise, est avantageux. Elle invite toutefois les parlementaires à introduire des correctifs qui faciliteraient l’accès à la nationalité en flexibilisant plus les critères de connaissances linguistiques et qui rendraient la procédure plus simple pour les personnes âgées ou résidant depuis de nombreuses années au Luxembourg.
  • L’accueil et l’orientation dans le pays sont fondamentaux pour les personnes venues en migration et leurs familles. L’Assemblée générale des associations membres du Clae regrette la volonté de l’Office luxembourgeois de l’Accueil et de l’Intégration de soumettre à travers un processus de mercantilisation cet accueil à un appel d’offre. L’AG invite l’OLAI ainsi que son Ministère de tutelle et le gouvernement à reconsidérer cette décision et à donner les moyens humains et financiers au Clae services asbl, qui démontre son savoir faire en la matière depuis de nombreuses années, et à d’autres associations actives dans ce domaine d’une grande importance pour le Luxembourg.
  • L’Assemblée générale du Clae invite également les députés luxembourgeois à amender la loi réformant les prestations familiales. Le montant unique par enfant défavorisent les familles qui sont les plus faibles économiquement et pour qui ces prestations et autres transferts sociaux sont importants pour éviter la pauvreté qui frappe de plus en plus de familles dans notre pays et qui, souvent, sont de nationalité étrangère.
  • Les relations interculturelles, la valorisation des cultures issues de l’immigration, le métissage culturel sont autant de facteurs favorisant la participation de chacun dans le pays et qui évite la formation de ghettos sociaux et culturels souvent porteurs de violences au sein de nos sociétés. L’AG du Clae cherche à comprendre pourquoi des manifestations comme le Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté, mais aussi d’autres évènements allant dans le sens de favoriser les relations interculturelles sont remises en question. L’AG invite les autorités du pays à soutenir et à renforcer toutes les manifestations qui vont dans le sens de favoriser le débat interculturel et la cohésion sociale.
  • Le 8 octobre 2017 auront lieu les élections communales. Le Clae et ses associations membres s’engagent d’ores et déjà à sensibiliser les résidents de nationalité étrangère sur l’importance de devenir électeurs et candidats au niveau local. L’AG demande toutefois aux autorités du pays de favoriser cette information et de mettre en place des projets et procédures, telles que l’invitation systématique à s’inscrire, qui permettraient à de nombreux résidents de devenir électeurs en octobre 2017.

Adoptée à l’unanimité par les membres des 33 associations présentes.

"On ressent dans la culture de ce pays cette idée de rassemblement, de métissage"


Rencontre avec Jaylson Spencer, Alda Batista, António Callixto et Cristina Silva, respectivement président et membres de l’association São Tomé e Príncipe au Luxembourg.

São Tomé e Príncipe est un pays assez méconnu. Pouvez-vous nous présenter cet archipel africain ?
Jaylson Spencer : São Tomé e Príncipe n’est effectivement pas très connu. C’est un très beau petit pays formé de deux îles, l’île de São Tomé et celle de Príncipe, ainsi que de quelques îlots, au large du Gabon et de la Guinée équatoriale.

António Callixto : Elles appartiennent à une chaîne de quatre îles, les deux autres faisant partie de la Guinée équatoriale. C’est intéressant de savoir que la ligne de l’équateur traverse l’îlot de Rolas, qui se trouve à peine à quelques kilomètres au sud de l’île principale, São Tomé.

Alda Batista : C’est un pays où il y a eu, au cours des siècles, un grand brassage de populations venues notamment d’Angola, du Cap-Vert, du Mozambique, de Guinée-Bissau, du Brésil et du Portugal. São Tomé e Príncipe a été une colonie portugaise jusqu’en 1975. Il est fréquent d’y entendre dire « on est tous des cousins ». On ressent dans la culture de ce pays cette idée de rassemblement, de métissage, d’appartenance à quelque chose de commun.

Jaylson Spencer : Je suis né et j’ai grandi à São Tomé. Mes parents sont venus du Cap-Vert et mon grand-père était anglais. Plus de 50% de la population est d’origine capverdienne et 80% a moins de 24 ans.

Les Saotoméens du Luxembourg, combien sont-ils ?
Jaylson Spencer : Au Luxembourg, il y a environ 80 Saotoméens. C’est une immigration récente. La plupart des personnes vivaient au Portugal et sont arrivées à la suite de la crise économique de 2008. Certains membres de notre association sont des Saotoméens des pays voisins.  

Alda Batista : Nous avons inscrit dans les statuts de l’asbl ce lien avec les pays frontaliers, à la fois parce qu’il n’y a pas beaucoup de Saotoméens au Luxembourg, mais aussi parce que l’Ambassade pour le Bénélux se trouve à Bruxelles. 

Comment est née votre association ?
Jaylson Spencer : En 2011, Paula Pombo, une des fondatrices de l’association, s’était lancée dans la récolte de matériel scolaire pour les enfants de São Tomé e Príncipe. C’est à ce moment là que l’idée de l’association est née. Elle l’a créée en 2013 avec Tomás Menezes, Isaías Teixeira et Vítor Belchior, qui en a été le premier président. C’est curieux de constater que c’est une association de culture africaine dont la majorité des membres sont portugais. J’aimerais cependant que plus de Saotoméens nous rejoignent.

Quels sont ses principaux objectifs ?
Jaylson Spencer : Notre premier but est d’aider les enfants et les personnes âgées de São Tomé e Príncipe. Le deuxième est de promouvoir la culture, la gastronomie et l’archipel. C’est important pour nous de faire connaître ce pays pour donner envie aux gens d’aller le visiter. J’ai cet espoir qu’un jour, peut-être, quelqu’un découvrira ces îles au milieu du monde et aura le désir de venir en aide à une école ou un hôpital.

Alda Batista : Un troisième objectif très important de notre association est celui d’entretenir et de développer le lien entre les Saotoméens mais aussi avec les autres cultures présentes au Luxembourg.

Quels types de projets de solidarité développez-vous ?
Alda Batista : Il y a trois ans, l’association a effectué un premier envoi de vêtements, livres et jouets. Nous avons l’intention de renouveler la démarche. Actuellement, nous recueillons des dons même si nous ne pouvons pas lancer une campagne, car nous n’avons pas de lieu de stockage, ni le financement pour le transport.

Jaylson Spencer:  Voilà aussipourquoi nous avons dû renoncer à un don de 80 lits avec matelas. Cela fait mal au coeur sachant les besoins de l’hôpital de São Tomé et notamment de la maternité, où nous savons que parfois deux mamans et deux nouveau-nés doivent partager un même lit.

Alda Batista : En tant qu’association, nous n’avons pas les moyens de faire des projets sur le long terme. Nous nous concentrons sur des projets d’aides ponctuelles, comme nous l’avons fait récemment pour la fête des enfants du 1er juin.

Jaylson Spencer : C’est une fête importante, plus importante que Noël. C’est à cette date que les parents achètent des habits neufs à leurs enfants. Cette année, nous avons organisé une fête spéciale dans une crèche de São Tomé.

António Callixto : Nous participons aussi au projet initié par le poète Carlos Cardoso « Aidez-nous à aider ». Ce sont des T-shirts que nous vendons à 15 euros dont 75% sont versés au profit des enfants et personnes âgées.

La rencontre avec ce poète saotoméen qui vit aux Pays-Bas a été particulière n’est-ce-pas ?
Jaylson Spencer : Oui, grâce à l’association Amizade Caboverdiana, nous avons rencontré Carlos Cardoso. Nos deux associations l’ont accueilli l’année passée pour présenter au Luxembourg son livre Poesia para Todos. à cette occasion, il a rencontré Alda Batista et tous deux ont co-écrit Somos Todos Primos – Um diálogo de emoções, paru en mars dernier et qui a été présenté au Salon du livre et des cultures au Festival des migrations. 

António Callixto : J’ajouterai que le livre a également été présenté au nom de l’association au Portugal en présence de l’Ambassadeur et du Consul du Luxembourg au Portugal, de l’Ambassadeur de São Tomé e Príncipe au Portugal ainsi que du Consul honoraire de São Tomé e Príncipe aux Pays-Bas.

La convivialité est également un facteur essentiel. Comment la mettez vous en mouvement ?
Alda Batista : Nous avons organisé quelques déjeuners fôrro c’est-à-dire des déjeuners traditionnels saotoméens. Cela nous permet de rassembler les gens, de faire connaître la culture et la cuisine saotoméennes. Notre prochain déjeuner fôrro sera en novembre, à l’occasion de l’anniversaire de l’association.

Jaylson Spencer : Depuis trois ans, nous participons au Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté. Notre stand propose des spécialités de notre pays et notamment le café de São Tomé qui est un des meilleurs au monde. Cette année, nous avons aussi invité deux chanteurs saotoméens des Pays-Bas, Ziley da Graça et Fúlvio Barros qui se sont produits sur la scène du festival. Grâce à eux aussi, des gens sont venus vers notre association.

Vos projets actuellement ?
Alda Batista : Après une année intense, nous sommes plutôt en train de faire une pause de réflexion,  ce qui nous permet de participer à la formation Imbrication organisée par le Clae et pour laquelle on est très reconnaissants. Nous souhaitons bien sûr continuer à créer des projets, mais on veut le faire correctement et pour cela il faut apprendre davantage. Nous voulons continuer à avoir la tête dans les étoiles, c’est-à-dire continuer à rêver, mais grâce à cette formation, nous aurons aussi les pieds sur terre.

Propos recueillis par Claudine Scherrer
In Faire Société Ensemble n°3, juillet 2016

Association São Tomé e Príncipe au Luxembourg asbl
151, rue de Warken L-9088 Ettelbruck
Tél. (+352) 691 21 40 10
astomepl@gmail.com
Site internet : astpl2015.wix.com/astpl


11 mai 2016

Une première année à planter les jalons d’une passerelle

Une année s’est écoulée depuis le lancement de notre projet InSitu Jobs  qui est un dispositif d’information, d’orientation et de mise en relation professionnelle. Financé par le Fonds européen Asile, Migration et Intégration (AMIF), il s’adresse exclusivement aux ressortissants de pays tiers à l’Union européenne et réfugiés reconnus, à la recherche d’un emploi.

De mai 2015 à février 2016, nous avons accueilli 71 personnes dont 14 réfugiés. Les nationalités les plus représentées sont la nationalité brésilienne, capverdienne et syrienne. Leurs demandes étaient très variées : bilans de compétences, validations des acquis par l’expérience (VAE), rédaction de CV, lettres de motivation ou encore demandes en vue de l’obtention d’une autorisation de travail. Nous leur avons également mis à disposition des informations administratives liées au droit du travail, ou aux possibilités de formations. Cette approche individualisée leur a permis de cheminer vers l’élaboration de leur projet professionnel.

En janvier dernier, nous avons organisé un premier atelier thématique qui portait sur le « Développement personnel et professionnel ». Notre ambition était de transmettre un certain nombre d’outils qui puissent favoriser une recherche positive et active d’emploi. Les participants au nombre 7 se sont volontiers prêtés aux exercices pratiques et mises en situation. Un second atelier thématique a débuté le 25 avril et mettra l’accent sur « L’identification des compétences professionnelles ». Chaque atelier se décline sur plusieurs modules de deux heures.

Si nos entretiens individualisés peuvent être réalisés en plusieurs langues (français, portugais, anglais principalement, mais également en serbo-croate et en arabe), nous avons privilégié le français comme langue de communication pour les ateliers, car c’est la première langue véhiculaire dans le domaine professionnel.

Actuellement, nous nous attachons à développer le troisième pilier d’Insitu Jobs, à savoir la mise en place d’un réseau de professionnels et d’organismes travaillant dans le champ de l’insertion socio-professionnelle afin d’en faire bénéficier les personnes que nous accueillons.

Au fil de cette première année, notre projet n’a cessé de s’étoffer pour planter les jalons d’une passerelle entre une population confrontée à des difficultés spécifiques et un marché du travail exigeant. Nous avons conscience qu’il s’agit pour nous d’une véritable gageure à soutenir.

Lucia Coelho - Clae
Infos : www.clae.lu


Rencontre avec l’association de culture guinéenne Fidjos, amigos de Cantchungo na diaspora asbl


Fidjos, amigos de Cantchungo na diaspora asbl est une association dont les membres sont originaires de la ville de Cantchungo en Guinée-Bissau. Nous avons rencontré Souleimane Queta, Armando dos Santos et João Francisco Mango, respectivement président, vice-président et membre du conseil d’administration.

Quelles ont été les motivations à l’origine de votre association ?

Souleimane Queta : Nous nous sommes réunis la première fois le 02 août 2014 avec l’idée de recueillir des dons pour l’équipe de football de Cantchungo parce que celle-ci était en difficulté ; elle manquait notamment d’équipement. Je dois vous préciser que nous sommes des amis d’enfance qui avons joué ensemble au football à Cantchungo. Armando a d’ailleurs été joueur professionnel en équipe nationale au Portugal. C’est vous dire l’importance de ce club de football pour nous ! C’est seulement lors de notre seconde réunion que nous avons décidé de créer une association afin de donner une base légale à ce fonds financier que nous souhaitions constituer. Notre asbl a officiellement été enregistrée le 29 octobre 2014.

Armando do Santos : A ce moment-là, nous avons élargi l’objectif de l’association ; c’est-à-dire que nous souhaitons être solidaires de l’ensemble des habitants de Cantchungo, dans les domaines du sport, de la culture, de l’éducation et de la santé.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots cette ville ?

Souleimane Queta : Cantchungo est une ville du nord de la Guinée Bissau avec une population de 6.434 habitants. Elle se trouve à 75 km de la capitale Bissau et à 36 km de Cacheu, notre capitale administrative régionale. C’est une ville « multireligieuse », animiste et catholique, mais aussi multiculturelle comme le Luxembourg.

João Francisco Mango : C’est aussi une ville où il y a beaucoup de jeunes car il y a un important lycée. Certains membres de notre association ne sont pas originaires de Cantchungo, mais ils y ont fait leurs études. Cet attachement à notre ville est quelque chose de très fort qui nous unit encore aujourd’hui.  

Quel est votre projet pour Cantchungo ?

Souleimane Queta : Nous voulons redonner vie à un centre pour jeunes que nous avons connu et qui est actuellement abandonné car totalement dégradé. C’était un lieu où l’équipe de football avait ses quartiers mais on y faisait aussi du théâtre, de la musique ou simplement la fête. Aujourd’hui, il n’y a aucun espace public pour développer des activités pour les jeunes. C’est d’autant plus important que cette jeunesse désœuvrée et sans travail tombe facilement dans la délinquance.

Armando do Santos : Voilà pourquoi nous avons décidé de soutenir la reconstruction de ce centre. La place est là mais elle est inutilisable en raison de l’état de dégradation du bâtiment.

João Francisco Mango : La première phase de notre projet est de rénover totalement la surface actuelle du bâtiment. Ce qui permettrait de disposer à nouveau d’un espace pour développer des activités pour les jeunes. Nous aimerions également créer une bibliothèque, une salle d’informatique ainsi qu’une Maison du Luxembourg. Pour cela, l’idée serait dans une seconde phase de doter le bâtiment d’un étage.

Souleimane Queta : Nous avons des connaissances, des expériences, un savoir faire. João Francisco n’a peut-être pas de diplôme d’ingénieur mais tout ce qu’il faut faire dans la construction, des fondations au toit, il sait le faire. Nous voulons transmettre notre expérience et nous impliquer totalement.

Quelles sont les démarches que vous avez déjà entreprises ?

Armando do Santos : A l’occasion du premier anniversaire de notre association, nous avions invité au Luxembourg deux représentants du Gouvernement de Guinée-Bissau, M. Rui Gonçalves Cardoso, Gouverneur de la Région de Cacheu et M. Gregório Gomes Correia, Ministre conseiller d’Etat de Guinée-Bissau auprès de l’Ambassade de Bruxelles. Cette première étape était importante pour asseoir notre légitimité et trouver du soutien auprès des autorités régionales. 

Souleimane Queta : Nous avions prévu différentes activités, un débat, un tournoi de football ainsi que la visite du Centre de traitement des déchets du Nord du Luxembourg géré par le SIDEC. Ce dernier choix peut surprendre, mais il nous a semblé judicieux car nous savons qu’au pays, il y a beaucoup de problèmes sur cette question de traitement des déchets.

Quelles sont les activités que vous mettez en mouvement pour recueillir des fonds ?

João Francisco Mango : Le 04 juin, nous organiserons une grande fête à la Kockelscheuer à l’occasion de la journée internationale des enfants du 1er juin. Le 19 juin, nous serons présents avec un stand à la fête de l’Amitié d’Hesperange. Nous fêterons aussi l’anniversaire de notre association, le 23 juillet prochain.

Souleimane Queta : En mars dernier, nous avions participé pour la seconde fois au Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté. Nous avons voulu montrer notre pays, notre culture à travers l’artisanat et un peu de gastronomie. Il y avait beaucoup de monde, c’etait merveilleux. Le samedi, nous avons reçu à notre stand la visite du Ministre conseiller d’Etat de Guinée-Bissau auprès de l’Ambassade de Bruxelles, accompagné des Ambassadeurs du Cap-Vert et d’Angola. L’épouse du Consul du Portugal au Luxembourg, qui connaît bien notre région, est également venue nous saluer. Et le dimanche, nous avons eu la surprise d’accueillir à notre stand le Premier Ministre Xavier Bettel. Ce sont de très fortes expériences ! Nous avons également participé à une rencontre avec d’autres associations de solidarité et de co-développement avec lesquelles nous avons eu un bon échange sur nos projets respectifs.

Et pour conclure cet entretien...

Souleimane Queta : Il y a une chose qui a été dite au cours de la formation Imbrication [Ndr : formation destinée aux associations organisée par le CLAE] et que je n’oublierai pas. C’est qu’on ne doit jamais dire que l’on a rien. On a toujours quelque chose à donner.

Propos recueillis par
Claudine Scherrer

Association Fidjos, Amigos de Cantchungo na Díaspora asbl
34, rue Joseph Junck
L-1839 Luxembourg
Tél. +352 621 797 465
babokfcc.lu@gmail.com
Facebook : afacd.lu

Vous pouvez soutenir le projet de l’association en versant un don sur le compte IBAN - LU94 1111 7032 4087 0000 - Code Bic : CCPLLULL




1 avril 2016

Le petit château de Colpach

D’une année sur l’autre les rencontres littéraires se multiplient pendant notre Salon du livre et les associations qui portent et proposent avec nous ces rendez-vous littéraires font acte de culture : le geste n’est pas simple, il n’est pas anodin et il ne manque pas d’engagement. Les propositions de rencontres, de débats, de dialogues avec des écrivains, des auteurs qui ne sont pas des moindres, qui viennent d’une foultitude de pays et de cultures, signent une volonté de communication entre les terres et les identités : celle du départ, de l’arrivée, celle de l’intérieur, du voisin, de l’école, des vacances, des actualités, des journaux, des amis et des ennemis aussi.

Aussi, notre Salon du livre et des cultures du Luxembourg devient une fois par an un petit château de Colpach : sur les pas de la famille Mayrisch, avec les associations du Luxembourg, celles issues de la migration, celles qui sont héritières de l’immigration, nos accueillons nos hôtes ensemble, en partage, pour parler le monde, pour dire l’autre, pour lire ensemble l’être possible de cette humanité qui se recompose. Avec leurs invités d’alors, d’horizons très divers, à côté de la frontière belge, dans ce château qui accueillait les opinions et les pensées de tout le continent, c’est d’une possible Europe qu’ils discutaient. Avec les écrivains et artistes de maintenant, c’est d’un monde possible d’une humanité commune que nous débattons.

Nous aimons penser que c’est ce petit château que le Ministère de la culture soutient pour la première fois. Nous tenons à le remercier. 

RJP/CLAE



Si le monde est désenchanté alors…

 

Les idéologies seraient en miettes ? Tout du moins celles qui depuis le 19e siècle composaient nos manières d’être, de voir, de penser. Les révolutions industrielles d’alors et toutes les ruptures qui les accompagnaient auront produit de nombreuses catégories de pensées, pour le meilleur et souvent pour le pire. Les nouvelles fractures depuis la chute du mur de Berlin et l’ascension numérique sont aussi profondes que celles qui surgissaient quand les campagnes venaient créer les faubourgs de nos villes.

Aujourd’hui ce ne sont pas les campagnes qui viennent recomposer les villes mais des hommes et des femmes qui fuient en nombre les terres en guerres, les terres pauvres, les terres sans terre. Ce mouvement de migrations nous le connaissons déjà, mais il était des pays alentours ou des anciennes colonies des pays industrialisés. Aujourd’hui, il s’inscrit sur des routes plus anciennes qui passaient par Constantinople, les échanges méditerranéens ou par Al Andalus.

Le Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté raconte, avec les associations et les personnes qui sont présentes, les ruptures des siècles d’avant, les brisures contemporaines, les destins tragiques de la veille. Le festival tous les ans recompose, raconte, traduit, instruit, débat, réconcilie, adoucit, enseigne sur ce qu’il est possible de reconstruire, de réinventer, de proposer, d’installer à partir d’itinéraires improbables et de douloureuses migrations. La convivialité et le désir circulent dans les stands associatifs des associations issues ou héritières de l’immigration : elles nous invitent à se rencontrer, à ne pas douter des temps difficiles et indéchiffrables, à devenir citoyens, à s’inscrire sur cette terre, à écouter ses murmures. Si le monde est désenchanté alors… viens au Festival. 

JPR /CLAE

 

7 décembre 2015

Changement de direction au Clae Services


Après 22 années en tant que chargé de direction du Clae services asbl, Franco Barilozzi a fait valoir ses droits à la retraite le 31 octobre 2015. Sa succession est assurée par Anita Helpiquet et Jean Philippe Ruiz.

Franco Barilozzi s’est engagé depuis ses prémisses au sein du Comité de liaison des associations d’étrangers, qui regroupe actuellement 130 associations héritières de l’immigration au Luxembourg. Il a mené la direction de l’asbl découlant de la plateforme dès son conventionnement avec l’Etat, en 1993. Jean Philippe Ruiz travaille au Clae depuis 1999. Il est chargé des relations interculturelles. Il coordonne notamment le Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté et a été l’un des curateurs de l’exposition Retour de Babel, événement phare de l’année culturelle 2007. Anita Helpiquet collabore au Clae depuis 2008. Après avoir coordonné différents projets, notamment dans le cadre des Fonds européens d’intégration des ressortissants de pays-tiers, elle s’est consacrée ces dernières années à développer le volet « aide à la vie associative » de l’asbl.

25 novembre 2015

"Ce que je retiens le plus, ce sont les relations d'amitié et de respect qui se sont construites"

Après plus de trente ans d’engagement et 22 années en tant que chargé de direction du Clae services asbl, Franco Barilozzi a fait valoir ses droits à la retraite le 31 octobre 2015. Sa succession est assurée par Anita Helpiquet, et Jean Philippe Ruiz. Interview croisée entre passé, présent et futur.  

 

Le Clae a été fondé en 1985 par quelques associations issues de l’immigration portugaises, espagnoles et italiennes et regroupe aujourd’hui près de 130 associations.  Quel regard portez-vous sur l’évolution du Clae et du travail effectué par son asbl conventionnée, le Clae services ?

 
Franco Barilozzi : En 1985, le contexte était très différent de l’actuel. Le Clae de l’époque répondait à un besoin de participations sociale et politique qui étaient quasi inexistantes. Beaucoup d’associations avaient un arrière-plan de combat politique ou syndical, tant dans les pays d’origine qu’au Luxembourg. Le Clae a été fondé pour être le porte parole de ces revendications de participations politiques, culturelles, sociales vis-à-vis des autorités luxembourgeoises. Nous avons gardé cette vision de ne pas s’impliquer dans les politiques des pays d’origine mais de nous ancrer dans la vie luxembourgeoise pour garder l’unité de notre structure.  Le Clae fête cette année son trentième anniversaire. Il a été pionnier dans bon nombre de revendications : la double nationalité, le droit du sol… Les associations qui en sont la base ont évolué avec le temps. Les migrations se sont diversifiées, les besoins également, et le Clae essaie de tenir compte de ces évolutions, notamment à travers le Clae services et ses actions d’aide à la vie associative, tout en gardant ce principe sacro-saint de ne pas se substituer aux associations et de travailler avec elles d’égal à égal. Chaque structure est indépendante dans ses idées et le Clae s’efforce de tenir compte de toutes les propositions dans ce principe d’égalité. Le Clae services a été fondé en 1991 parce qu’il nous semblait important, au-delà de la revendication, d’avoir un instrument de soutien du monde associatif, qui selon nous, a un grand rôle à jouer dans le processus d’installation et de participation des personnes venues en immigration.

Anita Helpiquet : Si on évoque cette période, 1985, on fait référence à une autre réalité. Depuis, le Clae a tout de même réussi à être la chambre d’écho d’autres migrations. De nouvelles migrations, associations viennent constamment s’y greffer, ce qui est formidable. Je constate, ce qui est non moins intéressant, que le Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté a su relativement bien traduire dans l’action les nouveaux paradigmes liés à la citoyenneté et accompagner notamment les besoins de reconnaissance culturelle.

Jean Philippe Ruiz : Les questions politiques mises en mouvement par le Clae ont été extrêmement importantes pour les enjeux démocratiques du Luxembourg en donnant la parole à des personnes qui habituellement n’étaient pas entendues, que ce soit au niveau individuel ou collectif. La reconnaissance du monde associatif issus ou héritier de l’immigration est importante pour un pays tel que le Luxembourg. Mais au-delà de ces questions, le Clae a toujours été un haut lieu d’éducation populaire. Le fait de pouvoir se former les uns avec les autres, de partager les savoirs des uns et des autres, le Clae l’a fait avec des associations qui sans lui n’auraient sans doute pas été prises en compte. Ces savoirs apportés, importés, exportés ensuite parfois vers les pays d’origine sont irremplaçables. Le Festival, par exemple, dans toutes ses composantes, que ce soit par ses débats ou les prestations sur scène, sont une manière aussi d’apprendre à occuper l’espace public.

Anita Helpiquet : Il me semble que pour certaines personnes qui ne sont pas au Luxembourg depuis longtemps, le Clae a une grande importance symbolique. Il est aussi vecteur d’émancipation.

Jean Philippe Ruiz :  La suite des indépendances coloniales, pour certaines immigrations plus récentes, notamment lusophones, se négocie encore au Clae, car toutes les Histoires n’ont pas été dites. 

Vous êtes arrivés à trois périodes différentes de l’histoire du Clae. Quel est pour chacun d’entre vous le souvenir le plus marquant ?

 

Franco Barilozzi :  Après plus de trente ans d’engagement, il est difficile pour moi de dégager un seul souvenir. Ce que je retiens le plus, ce sont les relations d’amitié et de respect qui se sont construites entre personnes, quelles que soient leurs origines culturelles ou sociales.

Jean Philippe Ruiz :  Je ne citerais pas non plus un souvenir particulier. Ce qui m’a marqué personnellement, c’est de rencontrer une humanité en mouvement, mais surtout une humanité debout.

Anita Helpiquet : J’ai beaucoup de souvenirs du projet A citoyenneté égale (projet transfontalier porté en 2008-2010, qui visait à encourager la participation sociale, politique, culturelle et économique des ressortissants des pays tiers sur le territoire de la Grande Région, ndr.). Et à travers ce projet, je rejoins les sentiments de Franco et Jean Philippe, les liens qui se sont créés et l’humanité, la dignité rencontrées.

Dans un monde en constante mutation, où les mouvements migratoires sont de plus en plus importants, notamment au Luxembourg, quels sont les défis à relever pour le Clae ?


Anita Helpiquet : Il est certain que nous aimerions mieux faire comprendre la portée de l’action du Clae. Nous touchons essentiellement des personnes qui n’ont pas forcément beaucoup de visibilité, de réseaux institutionnels. Cela a des conséquences sur la manière dont nous sommes perçus et sur notre visibilité. Nous aimerions également mieux articuler les différentes actions du Clae services. Nous avons entamé cette démarche il y a quelques années et je pense qu’il faut l’intensifier à l’avenir, car c’est comme cela que l’on peut construire sur le long terme. Notre plus grand défi sera aussi d’inventer de nouvelles formes de participation collectives qui soient à la fois héritières et contemporaines. Le rôle du Clae sera peut-être dans ce sens de construire une nouvelle relation entre l’action de terrain et les espaces d’échanges, de réflexions, de messages et propositions politiques.

Franco Barilozzi :  La plateforme politique du Clae doit  être repensée. Aujourd’hui, les associations ont changé, leurs priorités également, sans parler du contexte politique, social et économique. Les nouveaux mouvements migratoires appellent aussi d’autres types de réponses. Nous devons nous réinventer, sans pour autant oublier l’histoire, la mémoire du Clae. Le référendum du mois de juin doit nous servir d’aiguillon. Il reste un grand travail à mener au niveau de la participation des citoyens de nationalité étrangère. 

Jean Philippe Ruiz :  Effectivement. On parle des défis à relever pour le Clae, mais on pourrait parler des défis à relever pour le Luxembourg. Depuis que je travaille ici, j’ai l’impression que nous sommes poussés à la marge, que tout le travail que nous faisons autour de la valorisation des cultures du Luxembourg, à travers par exemple, le Festival et le Salon du livre, n’est pas entendu, comme s’il y avait un déni de leur importance. Je crois beaucoup que le droit du sol permettra de changer le Luxembourg en profondeur, et que dans quinze ou vingt ans, nous discuterons avec des personnes qui ont un autre rapport à cette terre. 

Propos recueillis
par Kristel Pairoux

23 novembre 2015

"Qui ne sait pas ?"




L’Association humanitaire pour les droits de l’Homme et la démocratie en Iran a été créée en 2011. Ses membres militent contre le régime iranien, dénonçant sans relâche les violations des libertés fondamentales, les atteintes aux droits de l’Homme.  Au cours des trois dernières décennies, il y a eu plus d’exécutions en Iran pour des motifs politiques que dans n’importe quel autre pays du monde. Nous avons rencontré Batool Feghahaty et Farideh Ab Salan, respectivement Présidente et Trèsorière de l’association.

Pour comprendre le sens de votre association, pouvez-vous nous dire quelques mots sur le contexte de votre venue au Luxembourg ?
Batool Feghahaty : Je suis arrivée au Luxembourg en décembre 2004 et j’ai demandé le statut de réfugiée politique. La liberté d’expression n’existe pas en Iran. J’ai passé 6 années en prison et mon mari 4 années. Une fille de 17 ans était avec nous, elle a été exécutée par le Gouvernement. Je ne pourrai jamais oublier. J’ai également perdu mon frère qui était étudiant et qui a été exécuté. Ce n’était plus possible pour moi de rester. Voilà pourquoi je suis partie.

Farideh Ab Salan : En février 2007, je suis venue rejoindre mon mari qui était déjà au Luxembourg depuis 2004. Moi aussi, j’ai perdu mon frère, simplement parce qu’il vendait des journaux. Mon mari a passé 5 années en prison. En Iran, il est difficile d’avoir une vie normale pour quelqu’un qui est actif en politique. J’ai encore de la famille là-bas. Elle a été menacée. Ils ont dit à mon frère que je pouvais revenir, que l’Iran était un pays libre, que ma mère m’attendait… ce ne sont que des mensonges. Mon frère m’a dit : « Si tu penses que ton chemin est juste, tu continues ». Mon père est décédé il y a deux mois et demi et je n’ai pas pu le revoir une dernière fois…

En 2011,  vous avez créé l’Association humanitaire pour les droits de l’Homme et la démocratie. Dans quel but ? 
Farideh Ab Salan : Notre pays est très important pour nous ; nous sommes une voix pour les Iraniens d’Iran car nous pouvons parler librement. La plupart des Iraniens du Luxembourg ne sont pas réfugiés politiques. Ils représentent une immigration plus ancienne. Un certain nombre est de religion baha’ie et ne s’engage donc pas politiquement. Voilà pourquoi, nous avons décidé de créer cette association. Nous croyons aussi que le Clae est une place où l’on peut dire notre parole.

Batool Feghahaty : Nous avons constitué l’Association humanitaire pour les droits de l’homme et la démocratie en Iran parce que nous ne pouvions pas rester sans rien faire. En 36 ans, la république islamique a exécuté 120.000 personnes. En 1988, 30.000 prisonniers politiques furent tués en l’espace de quelques mois seulement. J’ai vu les dernières informations, aujourd’hui une femme a été exécutée. Voilà pourquoi nous militons.

Farideh Ab Salan : Nous nous sommes engagés pour dire ce qui se passe en Iran. Depuis deux ans, il y a un nouveau président, Rohani, soit disant modéré. Lorsqu’il a été élu, le monde avait espoir que la situation des droits de l’Homme s’améliorerait. Bien au contraire, sous la présidence de Rohani, contre toute attente, l’Iran a porté le nombre d’exécutions par habitant à son plus haut niveau mondial. Un dictateur n’est pas une personne modérée. Non, vraiment ce n’est pas possible…

Quelles sont les actions que vous menez ?
Farideh Ab Salan : Quoi qu’il se passe en Iran, nous le diffusons sur notre blog, sur twitter et facebook. Nous dénonçons toutes les violations des droits de l’Homme. L’Iran est un Etat fasciste religieux. Les minorités religieuses comme les baha’ies ne peuvent pas participer à la société comme nous, ils n’ont pas accès à l’université. Le nombre d’églises a été réduit. Les femmes sont discriminées ; elles ont l’obligation de porter le foulard sinon elles risquent la prison. On ne peut pas accepter cela. Chaque nuit, nous mettons sur notre blog des nouvelles qui viennent d’Iran, chaque nuit nous faisons des twitts aux médias du Luxembourg. Chaque nuit, sans arrêt. Qui ne sait pas ? A chaque situation qui se présente, dans le train, dans le bus ou à mon cours de français, je parle pour mon pays. Les gens comprennent parce que vraiment nous avons beaucoup de douleurs encore.

Batool Feghahaty : Notre association s’inscrit dans un mouvement international qui s’appelle La résistance iranienne. Des rencontres sont organisées à Paris, Bruxelles, en Suisse, en Italie. Le 10 octobre dernier, nous avons participé à une conférence sur la situation des droits de l’Homme à Paris à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort. Chaque année en juin, il y a un grand rassemblement de La résistance iranienne à Paris. Nous nous mobilisons et organisons deux, trois bus au départ du Luxembourg. Toute personne qui souhaite venir est la bienvenue. Ce meeting a réuni en juin 100.000 personnes.  Des hommes politiques, des personnalités de tous les pays participent à ces rencontres.

Farideh Ab Salan : Nous sommes préoccupés par la situation des 2.200 réfugiés iraniens au Liberty Camp en Irak. Le gouvernement irakien a mis en place un blocus inhumain. Les denrées alimentaires arrivent difficilement.  Ces réfugiés sont privés de médicaments, de traitements. Plus de 400 ont été déplacés vers l’Albanie pour être soignés. La communauté internationale doit intervenir pour obliger le gouvernement irakien à lever le blocus. Différents pays de l’Union européenne, le Luxembourg, l’Allemagne, la France pourrait accueillir un certain nombre de réfugiés de ce camp, qui est une prison.

Batool Feghahaty : Le jeudi 29 octobre à 19h45, le Liberty Camp a été attaqué par des roquettes. Il y a eu 23 morts et un nombre considérable de blessés dont plusieurs dans un état très grave. C’est un crime contre l’humanité ! Notre association condamne cette attaque. Le Gouvernement américain et l’ONU doivent cesser leur comportement irresponsable par rapport à la sécurité de ce camp de réfugiés.

Paru dans Horizon n°132, novembre 2015

Humanitäre Assoziation (HA) für Menschenrechte und Demokratie im Iran
6, rue Bender L-1229 Luxembourg
site:  http://as-human-lu.blogspot.lu/

Vous pouvez soutenir l’association en versant un don sur le compte IBAN LU47 1111 7004 9962 0000 (titulaire : Humanitäre Assoziation (HA) asbl

15 octobre 2015

La nationalité pour envisager un devenir commun

Le Clae a pris connaissance de l’avant-projet de loi sur la nationalité présenté le 8 octobre par le ministre de la Justice, Félix Braz. Cet avant-projet, grâce entre autres à la réintroduction de l’acquisition de la nationalité par option et les dérogations accordées aux personnes apatrides et réfugiées, se conforme à la Convention européenne sur la nationalité, que le Luxembourg a signée en 2008.

Le Clae se félicite que de nombreuses dispositions, telle que l’introduction du droit du sol pour lequel il milite depuis le début des années 2000, aient trouvé place dans un texte qu’il juge équilibré. Nous souhaiterions par ailleurs que ce droit du sol soit élargi au niveau européen.

Le Clae tient à rappeler que la nationalité ne doit pas être considéré comme un privilège mais rester un droit et estime que l’ouverture de ce droit ne met pas en péril l’ « être » luxembourgeois. Au contraire, elle renforce les liens entre tous les citoyens et relie l’histoire du Luxembourg pour un devenir commun.

Le Clae demande qu’un consensus politique, tant au niveau de la majorité que de l’opposition, soit trouvé autour de cet avant-projet de loi et souhaite que le discours public distingue bien le dépôt de ce texte de l’émotion parfois négative que soulève actuellement l’arrivée des réfugiés en Europe et au Grand-Duché.